• Chryséléphantine (Jeu de lettres n°128)

    (Jeu de lettres n°128)

    Lady Marianne propose un  petit-jeu-de-lettres-128

    Le mot le plus long en anagramme à déchiffrer est : CHRYSELEPHANTINE

    adjectif féminin -en Grèce jadis- se dit d'une sculpture composée d'or et d'ivoire (une sculpture et l'adjectif)

    Avec les lettres proposées : faire des mots de 5 lettres au moins et au moins 5 mots puis les inclure dans un texte sur un thème de votre choix.

    Voici mon (long) texte (avec les 86 mots trouvés en gras et en italique !! Un record depuis que je participe à ce jeu qui me plaît tellement ! ) : 

    Césarinne  avait eu une envie soudaine de pêches nectarines. Alors elle était partie  en acheter  à l'hyper-marché du coin. Et à l'entrée  du magasin, elle avait été frappée de plein  fouet par une vague déferlante de souvenirs, en se retrouvant nez à nez avec la sœur de celui qui fut son  compagnon durant sept  années. Elle aurait presque éprouvé un soupçon de peine  en la voyant ; pourtant Dieu seul savait à quel point elle ne l'estimait guère ! Catherine  avait beaucoup maigri. Bien charpentée autrefois, tout comme son frère, elle ne semblait plus que l'ombre d'elle-même. Les yeux cernés, le teint blafard, elle ne respirait pas la santé. Celle-ci lui avait juste adressé un regard  de haine  sans même lui adresser la parole. Alors fonçant tête baissée, ne pensant  plus à rien d'autre qu'à s'éclipser  au plus vite, Césarinne  avait poussé son chariot vide comme une automate vers la sortie, en bousculant des clients  sur son passage. De retour dans son deux pièces, elle avait éclaté  en sanglots, submergée par une bouffée de tristesse immense. Le sentiment ressenti était si fort et si déchirant qu'il avait ravivé une douleur vive. Celle de son amour perdu à jamais, emporté par une encéphalite foudroyante, six ans auparavant. A la mort d'Henri, elle avait eu le cœur brisé et elle avait chialé  pendant des jours et des jours. Dépressive, elle avait dû consulter un psychiatre  afin de se remettre doucement sur les rails. Seuls les câlins  et les ronrons de son siamois  l'avaient aidée à tenir le coup. Elle avait eu à nouveau un chagrin fou quand il s'en était allé au Royaume Céleste  des Chats. Repliée  dans son silence, elle en avait écrit  des mots sur des calepins, des cahiers  et des carnets  pour panser  ses maux ! Les anciennes  images liées au plus chouette chapitre  de sa vie avec son chéri  revenaient la hanter. Elle avait dix-sept  ans. Elle était lycéenne  au lycée Saint-Patrice  dans les Alpes  du Sud. Il avait trente-trois ans, l'âge du Christ selon la croyance populaire. Il était professeur d'Education Physique et Sportive dans le même lycée. La première fois, elle avait apprécié qu'il n'ait pas ricané  en découvrant ce prénom si peu courant qu'elle portait et qui faisait souvent l'objet de railleries. Elle savait que Césarinne  ne lui avait pas été donné par hasard. Garçon, elle se serait appelée César, et sa mère avait accouché par césarienne  en la mettant au monde... Sur ses patins  à glace, Henri  était la grâce incarnée avec ses cheveux de jais noués en queue-de-cheval et sa mèche blond platine  qui retombait libre et légère, telle une plume sur son front. Il lui fit un effet fulgurant. Puis elle avait réalisé  que plus rien ne serait pareil. Elle se revoyait à la cantine  avec ses copines Alice, Elise, Claire  et Rachel qui avaient compris qu'il se tramait quelque chose et qu'elle en pinçait  pour lui. Leur idylle, qui avait défrayer la chronique du patelin tout entier, déplaisait fortement à ses parents. Mais la jeune fille était passée outre le courroux paternel  et à sa majorité, elle avait décidé d'assumer pleinement cette relation amoureuse et sincère. Surtout lorsqu'elle avait reçu la bénédiction de la chère  arrière-grand-mère de son cher  et tendre, placée  dans une maison de retraite en centre-ville arlésien.  La vieille dame centenaire, l'avait marquée et émue aux larmes. A son décès,  les tourtereaux avait récupéré sa canne. Une oeuvre d'art !  Une pièce  rare  avec son pommeau ciselé  d'or et d'ivoire. La superbe sculpture chryséléphantine  représentait un éléphant... Elle se remémorait aussi leur dernière virée pittoresque dans les Hautes-Pyrénées. La longue procession chrétienne à Lourdes, un 15 août, l'avait impressionnée. Pour eux, aucun miracle ne s'était produit car quatre mois  plus tard, la Grande Faucheuse réduisait à néant  leurs beaux  projets d'avenir. A l'aube de ses trente ans, elle ne se sentait pas encore prête  à rompre les chaînes  qui la retenaient à son passé ; s'y pencher  lui faisait toujours un mal de chien. Elle espérait remonter la pente malgré les craintes de ne pouvoir y parvenir...

     

    NB :  La sculpture chryséléphantine apparut, en Grèce, comme la production la plus importante dans le domaine de l'ivoire. Les statues des dieux étaient au départ des figures de bois plus grandes que nature : les parties du corps découvertes étaient en ivoire, le reste était en or, en bronze et en bois doré. Les plus grands sculpteurs de la Grèce antique, Phidias et Polyclète, sont considérés comme des maîtres dans cet art.


  • Commentaires

    1
    Dimanche 20 Août à 08:48

    Bonjour Kimcat, avec un mot de 16 lettres il y avait de quoi faire long en anagrammes, triste histoire, pauvre fille tout de même, quand la vie est méchante et vous laisse seule... si seulement son amoureux était encore de ce monde.... bises

    2
    Dimanche 20 Août à 09:03

    Bien joué ma Béa

    Bises et bon dimanche

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    3
    Dimanche 20 Août à 09:11

    Bien imaginé .. mais pas marrant pour le personnage. Pour une fois je connaissais le mot !

    Bon Dimanche 

    4
    Dimanche 20 Août à 09:19

    Alors là un grand bravo pour ce nombre impressionnant d'anagrammes utilisées dans une tres belle histoire d'amour .

    Bon dimanche 

    Bises 

     

     

    5
    Dimanche 20 Août à 09:25
    Séverine

    Belle participation.

    6
    Dimanche 20 Août à 09:30
    LADY MARIANNE

    des anagrammes en nombre ! je suis scotchée !! pas trouvé beaucoup chez moi-
    Une histoire bien ficelée mais triste fin - la pauvre jeune fille-
    lui reste la précieuse canne pour s'évader et rêver à ses chers disparus-
    un grand bravo pour cette riche histoire pleine d'émotion-
    Gros bisous-

    7
    PYL
    Dimanche 20 Août à 09:38

    Ma très chère Cousinette Béa,

    Comment ne pas être attendri du parcours de cette belle colombe amoureuse de ce charmant athlète, l'amour va et vient et fait souffrir souvent...

    Notre chère héroïne Césarine se noie dans un chagrin que quelques uns ou unes connaissent, oh l'amour quant il frappe à ta porte, te fait voyager dans un monde si verdoyant que nous en oublions la vie terrestre.

    Puis il faut bien admettre qu'à 17 années, c'est dur, très dur de porter cette charge qui terrasse quiconque. Qui n'a pas eu dans son adolescence ou dans ses premiers pas d'adultes, cette effroyable maladie nommée: "La maladie d'amour".

    Est-ce un passage obligatoire pour grandir, je ne pourrais pas le dire.

    Les copines n'étaient pas folles bien au contraire, bien qu'en étant avec eux tu étais dans les nuages Césarine, à penser que l'une d'entre elle avait connu ce même passage de la vie.

    Puis vint le décès, de cette charmante arrière-grand-mère qui te lègue cette canne, tout aussi symbolique peut-être elle, n'est-elle pas celle qui t'ouvrira ton chemin de vie...

    Alors que devient le parcours de notre héroïne Césarine ???

    Est-elle toujours avec son amoureux ou vit-elle une vie pieuse plongé dans ses souvenirs ....

    Demain nous donnera t-elle la suite !!! ???

    Je t'embrasse Béa et à bientôt !!!

    Patrick Riot

    8
    Dimanche 20 Août à 09:53

    Voilà un mot qui me plaît ! Les sonorités du grec sont si superbes, tout comme d'ailleurs l'allure visuelle des mots obtenus !

    9
    Dimanche 20 Août à 10:11
    covix

    Bonjour, 

    C'est une histoire bien triste, elle est encore jeune et il y a de l'espoir pour une nouvelle vie.

    Bises

    10
    Dimanche 20 Août à 12:00

    Moi aussi pour une fois , je connaissais le mot appris il y a bien longtemps au Musée d'Athènes.

    Triste histoire pour ton personnage !

    Bises Béa et bon dimanche

    11
    Dimanche 20 Août à 14:03
    colettedc

    MAGNIFIQUE, Béa ! Bonne poursuite ce dimanche ! Bisous♥

    12
    Lundi 21 Août à 10:29

    Quel beau texte ! Magnifique histoire, bien qu'un peu triste ...

    Bisous

    13
    Lundi 21 Août à 18:08

    Très belle histoire, tu as fait fort!

    Bonne soirée

    Bisous

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