• Les otages du tourisme

    Les otages du tourisme

     

    Encore une fois une belle missive joliment tournée... 

    Je la partage. Voir l'article chez Jean-Louis ici Nature ici ailleurs

    Le tourisme à gogo détruit la planète et emmerde les animaux. Et non, mille fois non : nager avec les dauphins ou cajoler un bébé tigre le temps d'un selfie ne fera pas de vous un défenseur de la faune sauvage. C'est même tout le contraire. Alors bas les pattes les bipèdes !

    Dimanche 27 septembre, vous avez célébré la Journée Mondiale du Tourisme. Certes, ce n’était pas vraiment la fête, vu la Covid qui vous conseille de rester à la maison, mais vous avez fait rêver sur les destinations exotiques, la nature à portée de selfies ou une faune exhibitionniste prête à s’offrir aux curieux.

    Vous fantasmez de nager avec les dauphins, de monter à dos d’éléphants, de caresser les guépards ou de cajoler des koalas. Le rapprochement avec le peuple des bêtes signifie à vos yeux la complicité, voire l’affection. En réalité, le tourisme nous a métamorphosés en otages de vos dépaysements. La proximité que vous espérez n’est rien d’autre que de la promiscuité. C’est si vrai que l’association World Animal Protection a fait une enquête permettant d’apporter un éclairage sur les exhibitions que nous sommes devenus. Bilan, près de 550 000 d’entre nous sont soumis au tourisme dit d’« attractions », ce qui représente un marché approchant les 225 millions d’euros.

    Parmi les plus contraints d’entre nous, on note les jeunes tigres séparés prématurément de leurs mères en Asie. Quelques pas avec le futur grand fauve en laisse et vous voilà satisfait… En Afrique, le sort des lionceaux que l’on vous jette dans les bras n’est guère plus enviable. Après ces séances « bisounours » contre-nature, ils deviendront, une fois adultes, des cibles pour des chasseurs en mal de trophées.

    Au Costa Rica, pays pourtant soucieux de sa biodiversité, on a constaté que des paresseux étaient capturés en forêt pour être proposés aux touristes le temps d’une photo. Au Japon, ce sont les loutres qui doivent s’afficher joyeusement, tandis qu’à Marrakech les bébés magots génèrent toujours un désir maternel au point qu’ils sont vendus à la sauvette, malgré les réglementations visant théoriquement à les protéger. Quant aux cobras, prétendument meurtriers à qui l’on a arraché les crochets venimeux, ils savent qu’ainsi maltraités et non nourris, leurs jours sont comptés.

    Même en Europe, des ours dressés dansent encore devant vous. Cette situation générant tant de souffrance, voire fossoyeuse, ne peut plus durer. Par bonheur, certaines associations de protection plaident pour notre cause, tandis que de plus en plus de touristes avouent leur malaise devant notre maltraitance. En réaction le Cambodge, par exemple, a interdit la visite des temples d’Angkor à dos d’éléphants. Au nord de la Nouvelle-Zélande, il a été mis un terme aux baignades avec dauphins (vos biologistes avaient constaté que cette pratique empêchait la socialisation des jeunes avec les adultes). Même chose du coté de Hawaï où il n’est plus possible de nager avec des dauphins à long bec, une espèce particulièrement fragile.

    La Covid-19 vous a appris à user des gestes barrière, à prendre vos distances entre vous, nous ne demandons rien d’autre à notre égard : Laissez-nous vivre, oubliez les bêtes de foire que nous sommes devenus, admettez que notre intimité vaut bien votre avidité. Envisagez une nouvelle cohabitation respectueuse de notre condition. Et ainsi peut-être qu’un jour, nous ferons un pas sans crainte vers vous…

    Allain Bougrain-Dubourg (29.09.2020)

     

    En complément ce document à lire ici

    Les promenades à dos d'éléphant sont une attraction régulièrement proposée aux touristes dans plusieurs pays d'Asie notamment en Thaïlande. Mais pour en arriver là, les animaux subissent un dressage très particulier qui s'apparente en réalité à une vraie torture.

    Maxisciences/voila-pourquoi-vous-ne-devez-jamais-monter-sur-le-dos-d-un-elephant-si-vous-voyagez-en-asie


  • Commentaires

    1
    Dimanche 18 Octobre à 05:55

    Un texte très bien écris, merci bon dimanche fait attention à toi bisous

    2
    Dimanche 18 Octobre à 10:48
    Une fleur de Paris

    Bonjour Béa,

    Oui j'ai vu un reportage il n'y a pas si longtemps, où l'ont voyait des personnes dresser des éléphants et ce n'était pas joli à voir. Ils étaient enchaînés aux pattes avec des chaînes et ils mangeaient uniquement quand ils faisaient ce qu'on leur demandait. Pauvres bêtes ... Déjà je suis bien contente que les animaux sauvages soient interdits dans les cirques ! 

    Passe une bonne journée, bises, Véronique

      • Dimanche 18 Octobre à 17:47

        Merci Véro pour ton superbe minou.

        Bisous

    3
    Dimanche 18 Octobre à 11:12

    Bonjour,

    Je fuis tout cela, quelle horreur!

    Bon dimanche

    4
    Dimanche 18 Octobre à 15:00
    Renée

    Tout a fait juste même si j'ai nager avec des dauphins et avoue ne pas le regretter, mais c'est pas bon pour eux. Bisous doux dimanche

    5
    Dimanche 18 Octobre à 15:33

    Une lettre qui remet les pendules à l'heure, il a parfaitement raison Allain Bougrin Dubourg, les animaux sauvages ne sont pas sensés devenir nos doudous . Pour les éléphants j'ai vu en effet des reportages édifiants , le dressage est des plus maltraitants .

    Bonne journée 

    Bises 

    6
    Lundi 19 Octobre à 03:21
    colettedc

    Merci pour ce bon et intéressant partage, Béa ! Bon lundi ! Bisous♥

    7
    Lundi 19 Octobre à 10:27

    Tout est dit dans cette lettre et comme j'aimerais croire que ça va s'améliorer ... le dessin de Coco est très parlant aussi! 

    8
    Mardi 20 Octobre à 02:21

    Je souscris tellement à ces mots si bien écrits...

    Réagir est plus qu'indispensable!!!

    Bisous Béa, un bien beau billet

    Cendrine

      • Mardi 20 Octobre à 16:51

        Merci encore pour tes 2 beaux minous.

        Biz

    9
    Mardi 20 Octobre à 17:41

    Tout ça pour de l'argent !

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