"Au refuge, on m’a dit qu’il avait douze ans et qu’il était « difficile ». Gérald avait un visage un peu tordu, une oreille pliée, la moitié des dents manquante, et sa langue pendait toujours. On l’avait déjà ramené deux fois, jugé « bizarre ». Moi, je cherchais un chaton mignon pour mes petits-enfants… et pourtant, je n’ai pas pu le laisser. Depuis, Gérald juge tout le monde depuis son arbre à chat , porte ses nœuds papillon en lambeaux et me scrute avec cet air éternellement déçu qui me fait sourire et réfléchir. Il dort sur ma poitrine la nuit, ronronne comme une moto, console mes larmes, et malgré tout, reste fidèle à lui-même. Huit mois plus tard, il est plus en forme que prévu, respecté par le quartier et surnommé « Professeur Moustache » – et moi, j’apprends chaque jour de sa sagesse silencieuse."(15 janv 2026)