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Un havre de paix pour des hérissons toujours plus menacés

Un havre de paix pour des hérissons toujours plus menacés

                                  Photo : Jean-Louis Schmitt

Je partage le bel et intéressant article que vous pouvez retrouver chez Jean-Louis ici Nature ici ailleurs

 

Encore quelques jours de repos et, passé les froids hivernaux, les hérissons sortiront de leur léthargie. Leur quotidien sera alors semé d'embûches, mais il est possible de leur venir en aide !

« J’ai créé le sanctuaire pour hérissons, vous êtes le bienvenu! » Comment résister à pareille invitation ? Quand l’intérêt devient passion, la vocation s’enracine. C’est au fond ce qui est advenu à Anne Fingar lorsqu’elle découvre un petit hérisson sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute. Que faire de cette boule de piquants ? Il semble blessé et aveugle, Anne et son mari Patrick décident de lui venir en aide.

Murphy, ainsi baptisé, cicatrise peu à peu en reprenant des forces sans qu’aucun vétérinaire ne parvienne à identifier l’origine de sa pathologie. Un an et demi plus tard, il décède, malgré les soins constants. « Son départ nous a plongés dans un chagrin immense », se souvient Anne en précisant : « Nous avons fait faire une autopsie, c’était une parasitose pulmonaire. Un simple vermifuge lui aurait sauvé la vie… ».

Bouleversé, le couple décide de profiter de ses congés pour aller se former en Angleterre et en Suisse dans des centres de soins compétents pour le traitement des hérissons. « Nous voulions, à notre tour, pouvoir aider cette espèce dans notre pays », me raconte Anne lorsque nous nous rencontrons à Fouencamps, dans la Somme. Le sanctuaire est en effervescence, une multitude de cages et d’enclos accueille les rescapés d’accidents ou de pathologies en tous genres. Le tranchant des débroussailleuses, des clôtures meurtrières, des raticides empoisonnants ou des saisies dans des campements de gens du voyage figurent parmi les causes les plus fréquentes. Un espace a même été spécialement aménagé pour réaliser les opérations délicates.

Des jeunes très menacés

Patrick se réjouit d’un bilan plutôt positif : « Depuis que nous nous occupons des hérissons, 1 790 ont été recueillis, 1 355 ont pu être relâchés dans la nature, quant à ceux qui étaient trop handicapés pour être rendus à la vie sauvage, ils ont terminé leur existence au sanctuaire ». Il n’empêche, tant de compétence et de dévouement ne compensent pas l’incroyable mortalité qui frappe le peuple des hérissons. Car le nombre ahurissant de 1 800 000 hérissons écrasés sur les routes, chaque année, n’est pas surestimé. À ce bilan, il faut ajouter les conséquences désastreuses des pesticides avalés en ingurgitant des escargots et autres limaces.

Les menaces ne cessent de planer sur le destin des hérissons dès leur naissance. Les biologistes observent que 20 % des bébés ne dépassent pas l’âge du premier mois, tandis que les ¾ décèdent sans achever leur première année. Si pathétique soit-il, ce constat ne décourage pas Anne qui me fait visiter son sanctuaire avec autant de fierté que d’enthousiasme. Avec l’expérience, elle est devenue l’une des personnalités référentes à l’égard des hérissons.

Et elle ne se prive pas de lever le voile sur ces adeptes de la vie nocturne. J’apprends ainsi qu’un hérisson peut parcourir 4 km avant que le jour se lève. Sans cesse en activité, il traque ses proies avec une étonnante habileté. Le secret de sa réussite, une oreille fine et un odorat tout aussi performant. « Il peut repérer un chien à 11 mètres et une larve à 3 cm dans le sol », tient à préciser Anne qui enchaîne avec les proies au menu. Les vers de terre font office de plat de résistance. Un hérisson peut en avaler une centaine par jour mais il lui en faut davantage pour se sentir rassasié. C’est ainsi qu’au hasard des vagabondages, les papillons, les araignées ou les coléoptères en tous genres contribuent à satisfaire son appétit.

L’amour avec des piquants

Au lendemain de l’hibernation, alors que les rayons du soleil réchauffent enfin le territoire, le roi de la nuit n’est guère en forme. Il a perdu la moitié de son poids durant son long sommeil. Dès lors, il redouble d’énergie pour s’engraisser et retrouver sa vitalité d’antan afin, notamment, de s’adonner à un de ses exercices préférés : la sexualité. Mais comment faire pour s’accoupler quand on est bardé de quelque 7 500 piquants (oui, oui des mammalogistes ont compté !) ? Les naturalistes de l’antiquité n’imaginaient qu’une solution : l’accouplement face à face, comme les hommes et quelques singes. Logique mais non conforme à la réalité. C’est en grimpant sur la femelle, si elle accepte aimablement de se cambrer, que le mâle peut espérer une copulation.

Dans le cas contraire, les préliminaires s’éternisent durant la nuit. Dans un vacarme épouvantable, ponctué de soufflements divers, le futur couple tente de s’intimider mutuellement. Et lorsqu’enfin l’accouplement est envisageable, il peut durer plus de 20 minutes et se renouveler au besoin.

La fidélité n’étant pas reconnue chez les hérissons, le futur père passe ensuite à une autre femelle consentante pour multiplier les chances de pérenniser l’espèce. Trente-cinq jours plus tard, les mères mettent bas une moyenne de cinq petits aussi aveugles que nus comme des vers. Les 10 tétines dont ils se gavent, sont profitables. Les piquants d’abord mous, se multiplient autant qu’ils se solidifient. 3 à 4 semaines plus tard, les jeunes hérissons s’aventurent hors du nid pour découvrir leur nouvel univers.

Le destin de ces aimables mammifères n’est pourtant pas aussi serein qu’il y paraît. Une nouvelle menace s’ajoute aux lourdes contraintes déjà évoquées, il s’agit du réchauffement climatique. Les hautes températures conduisent les hérissons à s’accoupler de plus en plus tard, en septembre, voire en octobre. « C’est catastrophique pour les juvéniles qui n’ont pas suffisamment de graisse pour survivre à l’hibernation. Sans l’aide humaine, ces pauvres bêtes sont condamnées », alerte Anne Fingar.

Rien d’étonnant à ce qu’elle soutienne la pétition « Sauvons les hérissons » lancée à l’attention d’Emmanuel Macron, de Christophe Béchu et Bérangère Couillard. Là où dans les campagnes il y avait 100 hérissons, on en compte plus que 3 aujourd’hui, dénonce l’appel qui envisage la disparition des hérissons d’ici 2025 si l’agonie se poursuit.

Allain Bougrain-Dubourg

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C
Ah les hérissons, cela me fait toujours de la peine de les voir tués par des voitures ...
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C
ces pauv' petites bêtes, c'est si moche de les voir étalées sur la route des fois; il y a tant à fair pour sauver nos animaux!<br /> bonne nuit bise
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C
Celui de mon jardin a disparu. J'espère le revoir au printemps. Bises
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A
Quelle belle passion. Ces animaux sont attachants. Bises
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É
Bonsoir Béa. J'ai installé pour eux des abris dans les haies mais j'en vois rarement. Bonne soirée et bisous
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J
Un article vraiment tres intéressant sur les hérissons . J'ai la chance d'en avoir régulièrement dans mon jardin mais le regret de les voir tout aussi régulièrement écrasés sur la route proche.  Un grand bravo pour celles et ceux qui peuvent leur offrir un havre de paix <br /> Bonne soirée <br /> Bises 
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C
Merci Béa, j'ai beaucoup appris sur notre ami le hérisson, nous en avons souvent dans notre verger l'été en famille mais le lendemain ce sont des autres qui viennent, je me suis toujours demandée où les premiers étaient partis et de où les nouveaux provenaient , mais n'ayant pas de grillage il est facile pour eux de divaguer comme ils l'entendent .... J'espère qu'il ne leur arrivent rien .<br /> Parfois réalisé un sauvetage n'est pas facile ... Je te souhaite une bonne semaine en étant bien au chaud à la maison en ce dimanche ! Bises ch'tis ! Nicole
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M
Bonjour mon amie,<br /> Un article très intéressant que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt.<br /> Bravo à toutes ces personnes qui se décarcassent pour venir en aide à ces petits animaux à la bouille si sympathique.<br /> Bon après-midi de dimanche, ma chère Béa !<br /> Bisous fleuris,<br /> Martine
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M
La photo est super mignonne !
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F
Ça me fait toujours mal au cœur quand j'en vois qui s'est fait écraser... J'espère que cette pétition portera ses fruits.<br /> Beau dimanche ma Béa, je t'embrasse
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