Bienvenue chez moi avec des chats, des pensées du Jour et des tableaux de chats
Gagée jaune (Gagea lutea) ou Ornithogale jaune… Photo : Jean-Louis Schmitt
Je partage un superbe texte que vous pouvez retrouver chez Jean-Louis ici
Que ne dit-on ‘’poudres fécondantes’’ plutôt que ‘’pollens allergisants’’ ? Que n’appelle-t-on ‘’sauvageonnes de jardins’’ ces plantes spontanées que l’on qualifie généralement de mauvaises herbes ? Que ne continuerait-on de parler d’ ‘’herbes de bonne fame’’, entendez par là ‘’herbes fameuses ou de bonne réputation’’, plutôt que de jeter le discrédit sur les plantes guérisseuses, ces simples grâce auxquelles nos ancêtres soulageaient leurs bobos du quotidien ?
Et que penser de toutes ces dénominations connotées négativement par lesquelles on déverse son dédain sur toute créature autre que l’homme et que consciemment ou inconsciemment l’on méprise ? Ne parle-t-on pas d’espèces ‘’nuisibles’’, d’ ‘’espèces invasives’’, ‘’envahissantes’’ ou ‘’intrusives’’ ; d’oiseaux de ‘’mauvais augure’’, d’ ‘’oiseaux de malheur’’, d’ ‘’oiseaux maléfiques’’ ; de chouette ‘’effraie’’, de buse ‘’féroce’’, d’aigle ‘’ravisseur’’... ravisseur d’enfants, cela va de soi ; d’ours mal léché ; de glouton vorace ; de putois malodorant et de bêtes puantes ; de renard chapardeur de poules ; de méchant loup assoiffé de sang, grand croqueur de petits chaperons rouges ; de loup-cervier et, pire encore, de loup-garou ?
Plus récemment, que n’a-t-on désigné, sans fondements scientifiques avérés, comme boucs émissaires de la pandémie covidienne le pangolin, les chauves-souris et certains mustélidés, en écartant soigneusement celui que l’on n’ose nommer mais auquel secrètement l’on pense ? Mais arrêtons là cette lamentable litanie des appellations irrévérencieuses dont nous affublons plantes et animaux.
Faut-il le rappeler ? Au commencement était le Verbe. Eh oui ! Les mots sont loin d’être anodins. Bien au contraire, ils portent en eux une force, une puissance, insoupçonnée. Dans un sens comme dans l’autre…
Aussi n’est-il pas surprenant, qu’imbibés dès notre plus tendre enfance de ce mépris atavique à l’encontre de la nature, que nous soyons mithridatisés par ce dernier et qu’échappe ainsi à notre conscience et à notre entendement la dégradation de nos liens avec la vie et le monde.
À force de tirer sur la corde, celle-ci rompt. Et quand une corde rompt, c’est l’ensemble des liens qui la compose qui lâche. En être conscient permet d’y remédier. Persister à ne pas voir mène dans le mur. Pour l’heure, tout semble indiquer que c’est la seconde voie que nous avons décidé de suivre. Ce qui explique l’état de conflit permanent dans lequel se trouvent nos sociétés modernes dites de progrès, parfaitement désenchantées et dépourvues de toute vision d’avenir. Misère morale bien évidemment non compensée par l’illusoire bien-être matériel dont se targuent nos faux prophètes et autoproclamés guides suprêmes. Relier, réunir, rassembler, renouer… plutôt que couper, séparer, diviser, cliver… comme le pratiquent avec une machiavélique virtuosité certains.
Diabolos… étymologiquement : celui qui divise, celui qui désunit…
Dans les textes sacrés, qu’il apparaisse sous les traits de Satan l’adversaire, de Lucifer le brillant ou encore d’Iblis le désespéré, le Diable sème la discorde et divise les anges. Dans nos sociétés humaines désacralisées, plus pragmatiquement, c’est l’homme qui joue le Diable, c’est l’homme qui divise, qui divise pour régner… À repérer donc et à ne surtout pas cautionner !
L’heure est dorénavant à l’harmonie et non à la zizanie.
Afin de redonner à Gaïa, notre bien-aimée Terre Mère, sa rayonnante beauté et de ranimer en chacune et chacun de nous cette divine joie de vivre de laquelle nous sommes issus et qui nous a si généreusement été insufflée à notre naissance. Non, le monde qui nous entoure, la Terre, la nature, ses plantes et ses animaux, nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs, ne sont pas nos ennemis.
Cessons de les considérer comme tels, ne gaspillons plus notre énergie en combats stériles. Approchons-les en amis, ils sont nos plus précieux alliés. Et bien vite, nous nous rendrons compte que nous aurons gagné la voie du salut. Puisse Noé remettre à flot son arche et, sur l’azur céleste, réapparaître l’arc-en-ciel salvateur qui, en son irréel et spectral jaillissement de couleurs, une nouvelle fois nous reliera au ciel, une nouvelle fois nous reliera les uns aux autres !
Edmond Herold